Résumé

Face à l’augmentation des cas de la Covid-19 en Afrique, le continent se retrouve confronté à l’un de ses plus gros défis ces 10 dernières années : gérer une pandémie avec des moyens pas toujours à la hauteur. À travers une recherche documentée prenant en compte l’évolution rapide de la pandémie, cet article est une contribution modeste et à chaud sur un phénomène toujours en cours et dont les conséquences ne sont pas toujours mesurables. Outre la recherche documentée, nous nous sommes basés sur l’observation pour identifier les implications politiques et économiques de cette crise actuelle, de même que ses ramifications sociales et son impact sur nos sociétés africaines. Ce qui se traduit, comme attendu, par un mini-effondrement des économies africaines, associé à un nouveau mode de gouvernance qui fait débat.

Abstract

With the increase of Covid-19 cases in Africa, the continent is facing one of its biggest challenges in the last 10 years: managing a pandemic with means that are not always up to the task. Through a documented research taking into account the rapid evolution of the pandemic, this article is a modest and hot contribution on a phenomenon still in progress and whose consequences are not always measurable. In addition to documented research, we have used observation to identify the political and economic implications of this current crisis as well as its social ramifications and impact on our African societies. This translates, as expected, into a mini-collapse of African economies, coupled with a new mode of governance that is the subject of debate.

Mots clés : #Covid-19, #crise, #pandémie, #Afrique, #Sénégal.

Introduction

La pandémie de la Covid-19 a entraîné, dans la plupart des pays d’Afrique, une gouvernance de crise, avec des instruments juridiques forts : état d’urgence, couvre-feu, loi d’habilitation, décrets, ordonnances, etc. En effet, au-delà des intérêts collectifs et personnels les plus défendables se retrouve l’intérêt général. Dès lors, il est clair que cette situation sanitaire mondiale est de nature à déstabiliser n’importe quel État pas suffisamment préparé, ou très peu organisé. Ce qui est le cas pour la plupart des pays africains. Cette analyse est alors motivée par le souci de présenter une vision afro optimiste, mais réaliste par rapport à la situation sur le terrain. Il s’agit ici d’opposer aux prévisions, un discours serein, sans a priori, mais qui met en relief nos carences politiques et économiques.

Au mois de mars, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans une interview sur RFI et France 24, avait prédit bilan macabre de plusieurs millions de morts. Une déclaration rapidement relayée par les médias, mais qui reste incomprise et largement faussée au vu le nombre de victimes actuellement sur le continent. Il avait d’ailleurs essuyé plusieurs critiques, notamment de la part du journaliste Sénégalais Adama Gaye, l’accusant de jouer sur la fibre alarmiste pour débloquer des fonds d’urgence de la part d’institutions internationales telles que le FMI.

Mais face à la situation actuelle, et les propos alarmistes des uns et des autres, l’Afrique est-elle prête à faire face à la crise ? Pour étudier cette question, il a fallu faire preuve d’une relative flexibilité dans un contexte où la pandémie évoluait à grande vitesse un peu partout dans le monde.

Le présent article entend livrer quelques observations sur l’évolution de la crise de la Covid-19, dans un contexte où beaucoup parlent d’effondrement économique et démographique du continent. La rédaction de cet article a été achevée le 25 mai 2020, au moment où le Sénégal venait de boucler plus de 3 mois de mesures restrictives et que des décisions d’assouplissement étaient à l’ordre du jour. Il a été rédigé au fil des évènements des prévisions plus ou moins justifiées de certains. Cependant, cette analyse a pour modeste ambition de « décrire » à chaud les mesures arrêtées de même que la situation économique et politique sur le continent.

Cette observation a permis de poser deux constats.

En premier lieu, l’économie de l’Afrique est en train de s’effondrer après un dynamisme et une croissance largement enviable au fil des années. En effet, l’Afrique, notamment la zone UEMOA, était une des rares zones géographiques à connaître une croissance moyenne de 6%[1] ces 5 dernières années. On assiste avec impuissance à l’effondrement des économies africaines, notamment les pays producteurs de pétrole.

En second lieu, cette crise a entraîné un transfert important des prérogatives du parlement au gouvernement, et ceci à presque tous les niveaux.

Dès lors, nous allons chercher à apporter une réponse centralisée au principal défi qui se pose face à la crise de la Covid-19 en Afrique, particulièrement au Sénégal : une gestion efficace dans le respect des droits et libertés des citoyens et de la souveraineté du pays.

Ce texte entend analyser, avec prudence, les impacts de la Covid-19 sur l’économie africaine (A) en plus de s’interroger sur ce qui s’apparente à un nouveau mode de gouvernance (de crise) et sur ses éventuels impacts (B).

  1. Contexte théorique

Avec une progression fulgurante un peu partout dans le monde, la crise de la Covid-19, il est difficile de définir un cadre théorique clair avec des études antérieures sur le sujet. Au mieux, de nombreuses contributions sur l’économie permettaient d’avoir un aperçu sur la bonne santé économique de plusieurs pays africains avec le développement de plusieurs secteurs tels que le Tourisme au Maroc, l’aviation en Éthiopie ; ou encore le niveau de résilience économique d’un pays comme le Ghana qui venait de démontrer qu’il n’avait pas besoin de financements du FMI pour définir son budget de fonctionnement.

Globalement, on était face à des perspectives prometteuses et la crise est venue remettre sur la table de nombreuses craintes qui, jusque-là, étaient dépassées.

À cela s’ajoute l’éternelle question de la responsabilité de l’État en temps de crise sanitaire. Cette question a fait l’objet d’une brillante communication de Lara Khoury au colloque « les pandémies et le droit », diffusé le 24 mai 2018, et qui est parue au Revue de droit de l’université de Sherbrooke sous le titre « Crise sanitaire et responsabilité de l’État envers la collectivité ». Dans son analyse, elle précise que l’État est le protecteur de la santé et qu’il se doit de prendre les mesures idoines pour préserver la santé publique, car il s’agit avant tout d’une question de droit public. Cependant, ceci pose la question de l’efficience des décisions prises dans le cadre de la loi par l’État en temps de crise.

  1. Méthodologie

En essayant de recueillir des données pour la rédaction de cet article, nous avons été confrontés à un obstacle de ne nature à fausser toute analyse imprudente : être le plus précis possible dans les chiffres avancés. D’ailleurs, on est conscient qu’à la publication de cet article, la plupart des chiffres connus sur la Covid-19 ne seront plus d’actualité. C’est pour cela que nous nous sommes appuyé sur des études qui ont été réalisées par le passé et qui permettent de mieux lire la trajectoire de la pandémie. Bien entendu, il est difficile d’échapper au pièce consistant à donner des chiffres qui ne concernent qu’un intervalle de temps. Toutefois, nous nous sommes basés sur des estimations plus ou moins justes réalisées par le Ministère du Tourisme et des Transport Aérien du Sénégal ainsi que le Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération. Le reste de nos données est issue d’une recherche documentée à travers des contributions, articles et rapports, associée à une minutieuse observation de la situation.

  1. Résultats obtenus
  1. Crise Covid-19 : quel impact à l’échelle africain ?

1. 1    Un mini-crash économique au niveau continental

Le fait d’affirmer que les économies africaines risquent de subir de plein fouet les conséquences économiques de cette crise est un euphémisme. Aujourd’hui, la question est plutôt de savoir quel sera le degré de résilience des économies africaines face à la crise de la Covid-19. Dans la plupart des pays touchés, l’activité économique tourne au ralenti, notamment les transports, l’industrie, l’agriculture et les services. Mobilisés sur le front sanitaire, les gouvernements africains préparent déjà l’après Covid-19 avec des aménagements considérables sur leurs économies.

En ce moment, la moitié des emplois sur le continent est menacé par le virus. L’impact de la pandémie se fait déjà sentir avec le ralentissement de la production et de la circulation des matières premières. De plus, 31 pays africains sur 54 ont déjà annoncé la fermeture de leurs frontières. Une situation qui devrait revenir à la normale d’ici la fin du mois de juin. Jusque-là, on peut dire qu’il s’agit d’une très bonne réactivité et que les mesures nécessaires sont en train d’être prises. Cependant, cela pose le problème des ressources sur lesquelles ces États devront compter pour faire face, outre l’urgence sanitaire, aux défis sociaux et économiques. Au Kenya, par exemple, en raison de la perturbation des chaînes de production, environ 50 tonnes[2] de fleurs fraîches sont détruites par les producteurs. Elles étaient principalement destinées au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et à l’Allemagne.

Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, une bonne partie des exportations du continent seront touchées, car elles sont destinées aux pays durement touchés par la crise actuelle.

Avec l’effondrement des prix du pétrole, le risque de récession économique est bien plus fort pour des pays comme le Nigéria et l’Angola. En effet, les deux tiers des recettes économiques de cet État proviennent de sa production pétrolière. Aujourd’hui, le pétrole représente plus de 40%[3] des exportations sur le continent et 7,4 % de son PIB.

D’autres pays comme le Burkina Faso, le plus touché par le virus en Afrique de l’Ouest, commencent déjà à subir les conséquences de la crise. Le pays prévoit d’ailleurs l’effondrement de sa croissance économique pour les prochains mois, passant de 6.3% à 2% en 2020. En plus de la menace djihadiste, le pays des hommes intègres devra faire preuve d’une forte résilience pour ne pas voir son économie s’effondrer, et dans la durée. Globalement, le PIB de la zone UEMOA devrait se contracter de 1.6% durant l’année 2020[4].

Enfin, le secteur des transports aériens, en forte croissance ces dernières années, a été durement touché par la crise sanitaire. Aujourd’hui, les compagnies aériennes africaines ont déjà enregistré une perte à hauteur de 4 milliards de dollars. Ce chiffre a été annoncé par Mouhammad Al-Bakri, vice-président régional de l’IATA en Afrique et au Moyen-Orient lors d’une téléconférence de presse[5]. Environ 1,2 million d’emplois sont menacés et les pertes dans la région pourraient atteindre 24 milliards de dollars [6].

Depuis quelque temps, des mesures fortes, et parfois controversées, sont prises un peu partout allant dans le sens de relancer des économies pratiquement à l’arrêt. Ce qui laisse un brin d’optimisme par rapport à la résilience des économies africaines face à la pandémie. 

Au Sénégal, la crise de la Covid-19 a servi de prétexte pour étendre les pouvoirs du Président à travers, l’état d’urgence et la loi d’habilitation qui s’en est suivi. Au 29 mai 2020, et après une première prolongation, le décret n°2020-1177[7] prolonge à nouveau l’état d’urgence sur l’étendue du territoire pour une période d’un mois.

Après plus de 3 mois de lutte contre la Covid-19, et selon l’hypothèse globale qu’elle ne dure pas plus que pendant cette période, les exportations connaîtront une baisse de 16%, alors que la hausse enregistrée pour 2019 était de 9%. Pour les importations, elles accuseront une baisse de 18% contre une hausse de 6% pour l’année 2019[8]. Ces estimations émanent du Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération (MEPC). 

Pour les réceptions de fonds en provenance de la Diaspora, elles devraient connaître un recul de 30%, notamment à cause de la baisse de l’activité économique en Europe. À noter que ce secteur représente 10% du PIB du pays, soit environ 1.300 milliards de FCFA, selon le même organe gouvernemental. 

Globalement, les secteurs les plus affectés sont :

·                La restauration avec une perte estimée à 56 milliards de FCFA

·                Le secteur hôtelier avec une perte estimée à 40 milliards de FCFA[9]

·                Le commerce et l’enseignement devront respectivement perdre 50 milliards de FCFA et 1,3 milliard de CFA.

·                D’autres secteurs tels que la pêche, l’élevage et les BTP seront aussi touchés.

Rappelons que la projection de ces pertes ne concerne les 3 premiers mois de la pandémie au Sénégal (de mars à juin), mais à condition que le ralentissement de l’activité économique perdure de même que les mesures de restriction actuelles. 

À défaut, ces chiffres devront être revus à la hausse. Aujourd’hui, on s’attend à une reprise effective de tous les secteurs de l’économie vers le dernier trimestre de l’année 2020.

1.2               Baisse globale des revenus pétroliers

La baisse des revenus issus de l’exploitation du pétrole est un phénomène mondial. Dès le début de la crise, le baril a rapidement chuté, passant sous la barre des 30 dollars pour ensuite osciller entre 23 et 35 dollars actuellement [10]. Pour les principaux pays exportateurs de pétrole d’Afrique, notamment le Nigéria, l’Angola et l’Algérie, la situation est plus qu’alarmante.

Au Nigéria, premier producteur de pétrole sur le continent, les sociétés de production offshore ont été contraintes de réduire leurs effectifs sur leurs plateformes. Une mesure prise pour endiguer la propagation du virus dans le pays. En effet, un cas de Covid-19 sur une plateforme pétrolière pourrait se propager rapidement et stopper toute la production. Ce qui aurait des conséquences dévastatrices sur l’économie de ce géant africain qui tire une bonne partie de ses ressources budgétaires de l’exploitation pétrolière.

En ce moment, tout le personnel non essentiel sur les plateformes d’extraction offshore a été mis au chômage technique pour une durée indéterminée.

D’autres pays producteurs comme le Ghana et l’Angola sont en phase de connaître une chute considérable de leurs économies. Le Ghana devrait sans doute connaître la croissance la plus faible de son histoire. D’une croissance initiale de 6.8%, le PIB du pays pourrait chuter à 1.5% [11]. L’Angola et l’Afrique du Sud ont déjà fait appel au FMI pour faire face à la crise sanitaire.

Pour le Sénégal, potentiel pays producteur de pétrole et de gaz à partir de 2021, le processus pourrait être largement ralenti. Bien que la décision finale d’investissement ait été prise le 14 janvier 2020, le processus pourrait connaître un blocage impactant sur le délai de mise en production qui pourrait être repoussé de quelques années. Entre temps, un prêt de 300 millions de dollars avait été trouvé par le consortium Far Ltd.

2.  Crise de la Covid-19 : révélatrice d’un nouveau mode de gouvernance ?

Au vu des décisions qui ont été prises dans les différents pays d’Afrique, notamment au Sénégal, en Cote d’Ivoire, en Mauritanie, il devient aisé de dire que nos chefs d’État sont les champions dans la prise décision d’urgence. Sans doute une volonté de montrer qu’il existe un « homme fort » au sein de l’appareil d’État.

Au-delà des mesures relatives à la lutte contre cette crise sanitaire, on va certainement vers un profond changement des modes de gouvernance sur le continent. Dans un élan souverainiste et fortement orienté vers la protection de ses intérêts économiques, les États ayant en partage le franc CFA sont techniquement en mesure de rapatrier les réserves de devises logées à la banque de France. Ce qui sonnerait le glas de ce système monétaire largement décriée.

Aujourd’hui, nous faisons face à une crise qui n’est pas comparable à ce que nous avions connu par le passé. Nous sommes la génération d’Africains qui pourrait s’enorgueillir dans quelques années d’avoir survécu à la plus grave pandémie du 21e siècle.

Pour nos gouvernements, c’est une « fenêtre d’opportunités [12]», pour impulser une nouvelle politique plus soucieuse du bien-être de l’individu.  En effet, à moyen et long terme, les cartes seront rebattues. Aujourd’hui, l’un des premiers aménagements à faire est d’avoir une certaine souveraineté sur le plan médical. La crise actuelle a accentué la dépendance des pays africains, notamment dans l’approvisionnement en médicaments. En effet, la plupart des médicaments utilisés en Afrique proviennent de l’Europe, de la Chine et de l’Inde.

Dans ce contexte de ralentissement de production et de la distribution de produits pharmaceutiques, il serait important d’avoir une industrie pharmaceutique fiable et efficace pour produire des médicaments en période d’épidémie et surtout produire des vaccins. Actuellement, seuls le Maroc, l’Algérie et l’Afrique du Sud se sont lancés dans la production de la chloroquine, le traitement expérimenté et mis en avant par le Dr Raoult.

Une souveraineté sanitaire des pays africains est possible d’autant plus que les progrès techniques disponibles sur le continent le permettent.

Au Sénégal, dans le but de combler le gap en médicaments, le groupe Téranga Pharma entend reprendre la production de l’usine Pfizer à Dakar. Une initiative à encourager, notamment dans le cadre du programme de souveraineté pharmaceutique du pays d’ici 2029. La production devrait commencer en mai 2020.

Cette crise de la Covid-19 a aussi mis en relief une question centrale au regard des progrès démocratiques auxquels aspirent les peuples d’Afrique : peut-on restreindre, voire suspendre la vie pour la protéger ?En effet, les mesures de confinement sont globalement perçues comme incompatibles avec nos réalités socio-économiques. De plus, aucune mesure d’accompagnement claire ne semble prendre le dessus sur la volonté « de survivre » d’une population subissant depuis des années les affres de la pauvreté.

D’ailleurs, le confinement fait toujours appel à de nouveaux modes de vie plutôt individualistes (pas de salutation, pas de visites de courtoisies, pas de regroupements entre amis, parents, etc.). Dans des sociétés africaines marquées par le partage et la solidarité, toute mesure de confinement est une pilule amère et difficile à faire passer.

Cependant, cette crise a suscité un sursaut d’unité nationale, au vu des nombreuses contributions reçues par l’État de la part de ses citoyens. Les populations, quoique désœuvrées, n’ont pas trop de mal à se ranger derrière les décisions fortes prises par le pouvoir exécutif.

  1. Discussions

La crise de la Covid-19 nous a clairement mis face à nos carences institutionnelles et organisationnelles. Cependant, au moment où la Covid-19 semble avoir atteint son pic d’évolution, il est légitime de s’interroger sur la capacité de résilience du continent. En effet, au moment où le nombre de personnes contaminées et de décès est en constante baisse un peu partout dans le monde, le pire semble avoir été évité pour l’Afrique. Les répercussions économiques évoquées dans les résultats de notre recherche vont sans doute se faire ressentir tout au long de l’année 2020. Cependant, les mesures de résilience économique prises rapidement par plusieurs gouvernements, dont le Sénégal, semblent avoir permis d’éviter un réel crash dans un contexte où une bonne partie de l’activité économique repose sur le secteur informel. À cela s’ajoutent les efforts importants déployés par le corps médical afin de prendre en charge les malades malgré l’insuffisance des moyens disponibles.

  • Conclusion

Lorsque la pandémie s’est déclarée sur le continent, avec les premiers cas de contamination, il était facile de croire, même pour le chercheur le plus prudent, aux nombreuses spéculations et prédictions de spécialistes (ou pas) du domaine. Dès lors, on s’attendait, outre à une crise économique, à de sérieuses pertes en vies humaines. Cependant, l’expérience sur le terrain a démontré qu’une analyse à chaud sur une telle maladie pouvait rapidement induire en erreur.

Aujourd’hui, le constat est que la sensible baisse des économies est plus due aux mesures de restrictions qu’à une propagation exponentielle de la Covid-19. Pour les mesures de restrictions prises ces derniers mois, leur efficacité est de plus en plus discutable, d’où leur allègement au fil des semaines.

Ce qui permet d’ailleurs de s’interroger sur la capacité de l’élite dirigeante à prendre les bonnes décisions en situation de crise, notamment à travers une lecture centrée sur les réalités locales pour une meilleure efficacité.

[1] Commission de l’Union économique et Monétaire Ouest Africaine, « Rapport Semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale », Décembre 2019. p.14.

[2] Le Kenya est un des premiers producteurs de fleurs au monde

[3] Amina. J.Mouhamed, « Après la Covid-19, l’Afrique peut mieux se reconstruire », Commission des Nations Unies pour l’Afrique, mai 2020, https://www.uneca.org/fr/stories/apr%C3%A8s-la-covid-19-lafrique-peut-mieux-se-reconstruire (consulté le 24 avril 2020)

[4] Agence Ecofin « Le PIB de l’Afrique subsaharienne devrait se contracter de 1,6 % en 2020, le pire résultat jamais enregistré (FMI) » du 16 avril 2020, https://www.agenceecofin.com/economie/1604-75787-le-pib-de-l-afrique-subsaharienne-devrait-se-contracter-de-1-6-en-2020-le-pire-resultat-jamais-enregistre-fmi,(consulté le 24 mai 2020)

[5] Le Figaro, « Le trafic aérien va baisser de moitié au Moyen-Orient et en Afrique », avril 2020, https://www.lefigaro.fr/flash-eco/le-trafic-aerien-a-baisse-de-moitie-au-moyen-orient-et-en-afrique-du-nord-en-2020-20200423 (consulté le 23 avril 2020)

[6] Le Figaro. Ibid.

[7] Journal officiel du Sénégal, mai 2020

[8]MEPC (Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération), https://www.economie.gouv.sn/fr/communication/toutes-les-actualites?page=0 (consulté le 24 avril 2020)

[9]MTTA (Ministère du Tourisme et des Transports Aériens), “ Plan de Résilience économique et Sociale http://www.mtta.gouv.sn/fr/flux-rss.xml, avril 2020, (consulté le 24  avril 2020).

[10]Prix du baril, https://prixdubaril.com/ (consulté le 27 mai 2020)

[11] Agence Ecofin, op.cit.

[12]Période propice aux prises de décision fortes et aux aménagements structurels 

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