Résumé :

À l’heure où il faut analyser la réponse à la lutte contre le djihad au Sahel, il est nécessaire de s’assurer que le phénomène soit parfaitement compris. En effet, le phénomène du djihadisme peul au Sahel résulte de plusieurs interactions, souvent très complexes et qui se jouent au niveau local et régional. Le mouvement djihadiste au Sahel n’est pas un simple regroupement de personnes ayant pu déceler la fibre religieuse dans leur élan insurrectionnel. C’est plutôt le résultat de fractures sociales, économiques et politiques dont les principales victimes restent les Peuls. Aujourd’hui, ils sont particulièrement ciblés lors des attaques au Mali et au Burkina Faso. L’enjeu de cet article est de démontrer que ce qu’on peut appeler « djihad Peul » est bien plus la résultante d’une frustration qu’une portée véritable du discours djihadiste, et ceci en l’absence d’une réponse politique efficace de la part des États.

Abstract:

At a time when the response to the fight against jihad in the Sahel must be analyzed, it is necessary to ensure that the phenomenon is fully understood. Indeed, the jihadist phenomenon in the Sahel is the result of several interactions, often very complex and played out at the local and regional level. The jihadist movement in the Sahel is not a simple grouping of people who have been able to detect the religious fiber in their insurrectionary impulse. Rather, it is the result of social, economic and political fractures whose main victims remain the Peuls. Today, they are particularly targeted during the attacks in Mali and Burkina Faso. The aim of this article is to demonstrate that what can be called “Peul jihad” is much more the result of frustration than the true scope of the jihadist discourse, and this in the absence of an effective political response from the states.

Mots clés : Djihad, Sahel, Peul, Terrorisme, États, communautés

Introduction

Le djihad au Sahel vit actuellement de profondes mutations qui se déroulent sous nos yeux, mais qui nous échappent. En effet, avec l’influence des médias, nous sommes habitués au sensationnel, mais aussi à analyser à chaud le phénomène djihadiste au moment où il faudrait chercher à prendre du recul par rapport au concept et aux évènements. Le djihad au Sahel est aujourd’hui « glocal [1]» et doit être analysé sous le prisme des différentes interactions, souvent changeantes, qui ont lieu au niveau local. On est passé des structures centralisées du djihad à un djihad localisé, notamment dans des zones très peu connectées au foyer originel au Mali, au Niger et en Algérie.

Dès lors, l’élément le plus déterminant dans ce phénomène reste le profil social des affiliés aux groupes djihadistes dans le Sahel. En effet, le phénomène djihadiste au Sahel souffre d’un paradoxe : l’émergence continuelle de nouveaux territoires pour les activités djihadistes. Ce qui confirme que le phénomène a pris une dimension locale qu’il ne faudrait pas négliger.

Cette contribution est une réflexion épisodique qui vise à analyser le djihad Peul, à travers une communauté souvent accusée à tort sur la base d’amalgames et de fausses dénonciations (A). Il conviendra aussi d’analyser la portée de ce djihad ainsi que les possibilités qui s’offrent aux États sahéliens(B).

Contexte théorique

Aujourd’hui, la lutte contre le terrorisme au Sahel mérite une remise en question légitime sur son efficacité. Depuis 2013, des réponses essentiellement militaires ont été apportées à une question largement politique : le terrorisme. Parmi celles-ci, nous avons l’intensification de la mission Barkhane au Mali, la création du G5 Sahel et le renforcement des armées des pays du Sahel qui contrastent avec la recrudescence des attaques perpétrées par les groupes djihadistes. On ne peut pas vraiment dire que les moyens militaires mobilisés pour faire face à la menace ne sont pas importants, mais ils sont inefficaces. Les attaques terroristes, en plus de s’intensifier ces dernières années, ressemblent de plus en plus à des massacres organisés et planifiés qu’à de simples opérations improvisées.

Le contexte sécuritaire au Sahel prête alors bien plus au doute qu’à l’optimisme. Pourtant, la force Barkhane a enregistré de bons résultats par moments au Mali, notamment lors de son intervention en 2018 contre l’Etat-Major du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans[2] à Tinzaouaten[3]. Cependant, l’instabilité politique dans ce pays, couplé à la recrudescence des attaques terroristes malgré le contexte sanitaire global, laisse planer des doutes légitimes.

De plus, l’influence des groupes djihadistes ne cesse de croître au sein des populations, notamment Peul, augmentant ainsi leurs capacités de recrutement et de mobilisation. Chaque organisation djihadiste est capable de se reconstituer rapidement après attaque des forces gouvernementales ou internationales. Leur aptitude à conduire des attaques de grande envergure contre les civils et les forces de défense est sans cesse décuplée.

Méthodologie

La rédaction de cet article s’est faite dans un contexte politique et sécuritaire tendu dans le Sahel. En général, la question institutionnelle est profondément imbriquée avec la question sécuritaire. Dès lors, dans notre démarche, on ne saurait dissocier la lutte contre le phénomène djihadiste et la stabilité politique et institutionnelle des pays concernés. Ce billet est alors une réflexion qui répond à un idéal de prudence. Par conséquent, notre stratégie de collecte d’informations ne prend pas forcément en compte les récentes évolutions sur le terrain. Toutefois, à travers une documentation rigoureuse, nous tenterons de démonter tous les préjugés et accusations sur une communauté (les Peuls) qui est plus une victime qu’un acteur majeur du djihad au Sahel.

Résultats

A.  Le djihad Peul au Sahel : résultat d’une marginalisation sociétale

Le concept de « djihad Peul » a eu plus d’importance dans l’analyse du phénomène au Sahel avec l’engagement d’Hamadoune Koufa dans la mouvance djihadiste. Les experts se sont rapidement focalisés sur cette communauté qui est aujourd’hui considérée comme le fer de lance du terrorisme dans la zone. Mais avant Hamadoune Koufa, plusieurs autres individus de la communauté Peule, originaires de la région de Tillabéri, avaient déjà rejoint le mouvement MUJAO[4]. Cependant, ces ralliements plus ou moins massifs se sont faits plus par besoin de protection que par une réelle acceptation du discours djihadiste.

L’engagement des membres de la communauté Peule a une dimension plus ou moins identitaire. Cependant, dans une perspective historique, les Peuls se sont largement illustrés avec plusieurs leaders religieux, notamment Sékou Amadou dans le Macina et Usman Dan Fodio Sokoto, ayant combattu farouchement la progression coloniale.

Cette résistance, aussi appelée « djihad[5]» était menée dans le but de contrer les valeurs occidentales que les colons (français surtout) voulaient installer à travers la politique d’assimilation.

Aujourd’hui, la plupart des Peuls qui se sont engagés dans les groupes djihadistes se réclament des écrits et de la philosophie d’Usman Dan Fodio[6] et expriment surtout le besoin d’une certaine justice sociale et la revalorisation de leur statut social.

Au lieu de minimiser les incidents qu’ils qualifient souvent de forfaits perpétrés par des « bandits armés », ils devraient plutôt analyser la dimension sociétale et insurrectionnelle de ces évènements afin de mieux en appréhender leur portée. C’est seulement de cette manière qu’ils pourront corriger les injustices sociales à l’origine de cette situation de pré-radicalisation.

En effet, les Peuls ont très peu accès aux services sociaux de base (éducation, santé, services administratifs courants). De plus, en tant que communauté transhumante et pastorale, ils sont très peu représentés chez les élites avec lesquels, ils ont très peu de contacts. Dès lors, ils souffrent directement de cette marginalisation sociétale dans toutes les zones pastorales du Mali jusqu’aux confins du lac Tchad. À cela s’ajoutent les nombreuses tensions dues à la mauvaise répartition des terres agricoles et pastorales et certains affrontements ont fait des victimes.

Si l’on sait que le discours djihadiste est essentiellement centré sur les « valeurs[7]» de l’islam et que les Peuls font partie, depuis plusieurs siècles, des communautés les plus islamisées dans le sahel, les conditions sont réunies pour une meilleure portée.

En premier lieu, les Peuls ont d’abord soutenu ce qu’on peut appeler « Djihad de la vache », dans le but de protéger leurs terres et leur bétail face à l’immobilisme des autorités politiques locales[8]. Cependant, face aux nombreuses persécutions et harcèlements subis ces dernières années, notamment au Mali et au Burkina Faso, ce « djihad de la vache » s’est transformé en un besoin de vengeance qui justifie le ralliement des Peuls aux groupes djihadistes.

À noter que ces exactions sont souvent perpétrées par les forces de défense et de sécurité ainsi que les groupes d’autodéfense, notamment les Dogons au Mali. Elles reposent souvent sur des informations erronées et sur des dénonciations calomnieuses. Ces éléments réunis ont entraîné beaucoup d’individus de la communauté Peule dans le giron des groupes djihadistes bien qu’ils y soient largement minoritaires par rapport à d’autres communautés telles que les Arabes, les Berbères, les haoussas, etc. De plus la grande majorité des chefs des groupes djihadistes sont d’origine arabe.

B.  La confrontation entre défense d’une identité communautaire et djihad

Aujourd’hui, bien que la communauté Peule transhumante du Sahel soit largement engagée dans le djihad, elle ne constitue pas pour autant l’essentiel des djihadistes dans la région. Les Peuls représentent environ 6 millions d’individus[9] dans les principales zones frappées par le terrorisme : Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso. Dans tout le Sahel, leur nombre tourne autour de 25 à 65 millions d’individus. De plus, très peu de membres de cette communauté adhèrent au discours djihadiste.

Chez les chefs de groupes djihadistes, cette communautarisation du djihad est contre-productive sur le long terme, car il s’agit de recruter des individus d’une communauté pour s’en prendre à d’autres communautés. Au-delà des troubles que cela pourrait soulever dans l’immédiat, cela pourrait contribuer à diviser la « Oumma[10] ». Le ralliement de la communauté Peule à la cause djihadiste n’est qu’une manière de s’ériger contre cet ordre social qui leur est largement défavorable. Mais cette insurrection sociale va bientôt laisser la place à une profonde radicalisation sur fond de discours religieux tentant de légitimer toute action terroriste.

C’est d’ailleurs en ce sens que doivent intervenir les États sahéliens. Tant que l’insurrection est à un stade sociopolitique, il est possible de négocier sur ses fondements et de faire des concessions allant dans le sens d’apaiser les frustrations. Mais dès que cette étape est franchie, le mouvement se retrouve dans une position où elle a déjà trouvé les éléments/arguments permettant de légitimer son combat. Un État laïque aura alors très peu de marge de manœuvre et pourra difficilement assumer sa position.

La lutte contre le « djihad Peul », qui n’en est pas vraiment un, passe alors par des politiques endogènes qui les considèrent comme des citoyens à part entière en favorisant leur accès aux services sociaux de base. Le Niger a déjà entrepris ce basculement dans le Tillabéri avec le recrutement massif de jeunes issus de la communauté Peule dans l’armée. À cela s’ajoute la vulgarisation d’espaces de concertation et de dialogue entre les communautés locales et les forces de défense déployées dans la zone. L’objectif, c’est de chercher à rétablir une confiance, longtemps rompue, entre différentes communautés, pas seulement Peules, et les forces de défense et d’autodéfense.

L’enjeu est surtout d’effacer ce sentiment de suspicion qui a fini de pourrir les relations entre les communautés, justifiant toutes les exactions auxquelles nous avons pu assister ces dernières années. D’ailleurs, ayant compris cette démarche, les groupes djihadistes tentent actuellement de pénétrer toutes les communautés sans exception.

Discussions

À partir de ces résultats, le djihad Peul souffre d’une interprétation trompeuse qui est le résultat d’une méfiance longtemps cultivée envers cette communauté. Aujourd’hui, on ne saurait dire que tous les individus d’origine Peule qui ont rejoint les mouvements djihadistes l’ont seulement fait dans le but de se protéger et de défendre leur communauté. Par contre, il est facile d’affirmer qu’une communauté persécutée a toujours tendance à prendre les armes, soit à travers la constitution de groupes d’autodéfense, soit à travers leur ralliement à des groupes armés déjà constitués.

Toutefois, l’analyse du djihad Peul ne devrait pas occulter le fait que les groupes djihadistes cherchent à avoir une meilleure présence dans le Sahel au vu de l’intensification de la répression par les forces internationales de défense et de sécurité. Aujourd’hui, cibler les Peuls serait ignorer la stratégie djihadiste qui cible d’autres communautés, même au-delà des frontières du Sahel. La lutte contre le djihad dans cette zone passe forcément par une meilleure inclusion sociale des communautés locales musulmanes, donc assez sensibles au discours religieux extrémiste.

Conclusion

Le développement de nouveaux foyers djihadistes dans le Sahel a encouragé des formes de violences jusque-là pas encore observées. En effet, la constitution de groupes d’autodéfense qui, sur la base de faux renseignements et d’amalgames, attaquent et déciment des villages entiers, notamment Peuls, n’a fait exacerber ce sentiment d’exclusion d’une communauté longtemps marginalisée. Les groupes djihadistes ont bien su profiter de cette situation pour créer des situations insurrectionnelles qui prennent l’apparence d’une radicalisation religieuse.

Aujourd’hui, les États sahéliens devraient comprendre que les foyers de violences au niveau local se généralisent


[1] Un néologisme tiré des mots « global » et « local ». Appliqué au terrorisme, il renvoie à une stratégie globale mais qui s’adapte aux conditions des communautés locales.

[2] Groupe islamiste qui s’est d’abord constitué comme un groupe d’autodéfense avant de glisser dans la sphère djihadiste

[3]« Mali : un proche d’Iyad Ag Ghaly tué dans un raid de Barkhane à la frontière algérienne », Jeune Afrique, 15 février 2018.


[4] Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest

[5] Guerre sainte pour défendre ou propager l’islam

[6] Dr MOUMOUNI Seyni, “Tradition manuscrite et pensée socio-politique et culturelle en Afrique :

soufisme dans l’œuvre du cheikh Uthmân dan Fodio (1754 – 1817)”, Codesria, 2012.

[7] En science sociale, les valeurs peuvent faire référence à des attributs et des perceptions qu’une personne partage avec des membres de son groupe social ou culturel. Elles sont dites parfaites et rendent désirables ainsi qu’estimables les êtres ou les comportements auxquelles elles sont attribuées.

[8] Ibrahim Yaya Ibrahim, « Tous les Peuls ne sont pas des djihadistes », LePoint, le 05/11/2019, https://www.lepoint.fr/afrique/mali-tous-les-peuls-ne-sont-pas-djihadistes-05-11-2019-2345337_3826.php (consulté le 23/09/2020)

[9] Dougoukolo Alpha Oumar Ba-Konaré, « En Afrique, le fantasme d’une « communauté peule » radicalisée », LeMonde, 06/09/2018,  https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/09/05/en-afrique-le-fantasme-d-une-communaute-peule-radicalisee_5350692_3212.html, (consulté le 23/09/2020). ur omés sur un avis sur la à caftourne autour de 25 à 65 millions d’ratégie globale appliquée asur omés sur un avis sur la à caf

[10] Communauté islamique

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